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Les quotas de la FFF, un scoop marketing

Je sais Ousama est mort, et cela appelle beaucoup de commentaires. Mais j’aimerais revenir sur l’affaire des quotas de l’équipe de France. Je pense qu’elle est surtout instructive en ce qui concerne Mediapart, et plus largement le rôle du « scoop » dans les médias. Vous allez voir.

Comme chacun le sait, il y a eu une discussion à la FFF, des gens y ont évoqué des histoires de quotas dont il ne faudrait pas dire le non quand il s’agirait de sélectionner des joueurs binationaux. Discussion de comptoir ou prise de décision à effet immédiat ? On n’en sait rien, d’ailleurs tout le monde s’en fiche. Surtout Mediapart. Car dans cette histoire, il est question de foot et de racisme. Quel scoop pourrait être plus universel (Yannick Noah est entré dans la danse, c’est dire…) ? Edwy Plenel savait que, quelque soit la valeur de ces propos, ils rencontreraient un écho colossal. Mais il pensait surtout à ses abonnements.

"Je publie mes scoops les yeux fermés !"

Je n’aime pas beaucoup Plenel, le journaliste (relisez la Face cachée du Monde). En revanche, je suis admiratif de son flair, de son bagou. Or, Monsieur Plenel a un journal qui ne fonctionne que sur abonnement. Il a donc besoin d’alimenter le désir qu’il suscite auprès de ses lecteurs pour justifier qu’ils dépensent X euros par mois (5 ou 10 je ne sais plus) pour ses infos, quand le net regorge d’infos gratuites. Sa solution, il l’a trouvé avec l’affaire Bettencourt, quand il a habilement exploité des fuites judiciaires (point d’enquête au début), ses abonnement ont paraît-il explosé. A coup de « scoop », Plenel bâti donc progressivement, à lui et à Mediapart, une réputation d’incorruptible, de Grand Inquisiteur des Puissants, si précieuse dans la France de la défiance.

A mon sens, Plenel est le seul homme de presse qui a compris la puissance marketing du scoop. Oui, cela peut coûter cher en enquête, mais cela peut rapporter gros en image de marque. Dans un marché (celui de l’information) où la concurrence est acharnée (tout le monde a les mêmes infos quasiment au même instant), on ne peut se différencier, se valoriser qu’en endossant un style, un look, une attitude, qui va pousser le lecteur à s’identifier à mon titre. C’est très similaire à ce que l’on peut constater sur le marché du prêt-à-porter. C’est aussi pour cela qu’Edwy Plenel n’est pas pressé de nous dire s’il s’agissait d’une discussion de comptoir on non…