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Sarkozy et la tata teutonne

Voici une vidéo satirique qui cartonne en ce moment outre-Rhin, où l’on voit un valet-Sarkozy servir la soupe à Fraü Merkel, alors qu’il n’y a plus personne pour s’asseoir à la table de cette Europe à deux. Les Allemands se régalent autant que nous de l’actualité, et ils ne sont avares en vacherie !

via @thomas_bronnec

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Et si plus de libéralisme était la solution de la crise ?

A force de chercher des explications à la crise, j’ai fini par tomber sur les arguments d’un libéral qui voit l’origine de la crise dans le reniement des préceptes… libéraux. Encore un ultra qui veut tondre ce qu’il reste à tondre avant l’Apocalypse ! Eh bien pas vraiment, tant Charles Gave a oublié d’être bête (voir son blog).

Selon lui, l’euro, et l’Europe, règle aujourd’hui la facture d’un péché originel, celui d’avoir renié au marché le pouvoir de déterminer le prix de l’argent. Car l’argent à deux prix (moi-même encore hier je ne le savais pas) : celui à l’intérieur (le taux d’intérêt) et celui à l’extérieur de son territoire (le taux de change). Or, l’euro et la BCE les ont figé tous deux.

So what, me direz-vous ? Charles, vite, éclaire notre lanterne ! Attention (roulement de tambour) : « Nul ne peut maintenir un taux de change fixe entre deux pays si la productivité du travail n’est pas la même entre les deux, sauf à organiser des transferts fiscaux du plus fort au plus faible. » Bon sang mais c’est bien sûr !
Petit flashback. Avant l’euro, la productivité allemande est supérieure à celle de l’Italie. Mais cette tare était alors compensée par la Lire, une monnaie bon marché comparée au Mark. Avec l’euro, du jour au lendemain, le capital se paye au même prix partout en Europe. « Même coût du capital, coût du travail plus élevé en Italie, que voulez-vous qu’il arriva ? Tous les investissements ont eu lieu en Allemagne, aucun en Italie. »

Il s’ensuit tout ce que nous constatons aujourd’hui : des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne ou la France qui sont condamnés à importer plus qu’ils ne produisent. D’où un déficit commercial structurel insoluble avec l’euro tel qu’il est aujourd’hui. La crise de l’Europe n’est pas financière, mais politique.

Notre système ne pourrait survivre que si l’Allemagne, et les autres pays riches, redistribuaient des milliards d’euros chaque année aux plus pauvres pour compenser ce désavantage compétitif. Charles Gave n’est pas le seul à le dire. Patrick Artus, dont la langue est plus polissée, rappelait récemment à une amie journaliste que c’est grâce à un système de compensation similaire entre états riches et pauvres que les Etats-Unis continuent d’être un pays uni.

Question : qui croît que l’Allemagne est prête à distribuer des milliards sans contrepartie ?