Archives d’Auteur: Newsman

À propos de Newsman

Homme de presse le jour, je suis un maître dans l'art de passer inaperçu parmi mes pairs. Maréchal du Batonnage de Communiqués de Presse, Commander in Chief du "One Coup de Fil Paper", Grand Maître de l'Ordre du Maronnier, et j'en passe, ils me reconnaissent tous les lauriers qui ombragent les bas fronts des grands de l'information de notre époque. Pourtant... Tapis devant mon écran, camouflé derrière mes bésicles, en fait de pisse copie, je suis une vigile attentive qui guette l'information maltraitée, l'information humiliée, l'information oubliée. Celle qui mériterait la Une du 20 Heures, mais qui finit victime d'une brève bâclée, dans un filet d'encre sale, au pied d'une colonne en page 20. Alors quand vient le soir, et que le ciel flamboie, je redeviens... Newsman, le justicier masqué de l'information.

Sarkozy et la tata teutonne

Voici une vidéo satirique qui cartonne en ce moment outre-Rhin, où l’on voit un valet-Sarkozy servir la soupe à Fraü Merkel, alors qu’il n’y a plus personne pour s’asseoir à la table de cette Europe à deux. Les Allemands se régalent autant que nous de l’actualité, et ils ne sont avares en vacherie !

via @thomas_bronnec

Publicités

Hayek Xplosiv

La lumière viendra des Etats-Unis, maintenant j’en suis sûr ! Blague à part, deux vidéos de vulgarisation économique comme seuls les States sont capables.

D’abord, un bon gros rap qui oppose Lord Keynes et Hayek Xplosive dans une joute verbale qui balance !

Lord Keynes vs Hayek Xplosiv

Et un épisode de South Park qui vente les vertus christiques du keynésianisme. Apocalyptiquement drôle (désolé je n’ai pas trouvé la VOSTFR) !

South Park, Margaritaville


Rions un peu en attendant la banqueroute…

Bonne année, beaux nénés, je vous souhaite tous ce que vous voulez pour 2012.

Je dois dire que je suis en pleine forme ! Pas besoin de jouer les optimistes à deux francs, 2012 s’annonce riche d’événements cocasses avec cette présidentielle dont les enjeux seront la croissance en France, le maintien ou non de l’euro, la réduction ou le non-remboursement de notre dette, le train de vie de notre Etat, etc.

Que de sujet sujets sérieux me direz-vous ! Quel ennui ! Peu importe, on ne parlera presque pas de tout ça. On préférera causer immigrés, protectionnisme, « démondialisation », etc. Bref, ce sera certainement un beau concours d’ineptie, avec promesses de hausses des salaires et du nombre de fonctionnaires à la clé. Que voulez-vous c’est dans l’air du temps ! Ce serait d’ailleurs mon conseil aux candidats qui veulent gagner : soyez pragmatiques, faites populistes ! Vous devrez de toute façon tous obéir aux mêmes contraintes budgétaires après l’élection, alors autant se marrer un peu avant. Je ne me fais aucun souci pour Sarkozy, Le Pen, Mélenchon, mais je me demande si Hollande en sera vraiment capable…

Soyez pragmatiques !

Pour être moins bête quand arrivera cette échéance majeure de notre démocratie, voici quelques livres que je vous conseille. J’ai moi-même l’intention de les lire sous peu, il seront d’ailleurs l’objet de discussions ici.

This time it’s different, de Reinhard et Rogoff. Huit siècles d’histoire financière qui aident à comprendre à quel point nous sommes bien dans la mouise.

La liberté de choisir, de Milton Friedman. Quel est la nature de notre économie ? Néolibérale ou étatiste ? Revenir aux fondamentaux du libéralisme ne peut pas faire de mal, alors que l’on nous servir de l’anti libéralisme à toutes les sauces.

L’économie en une leçon, de Henry Hazlitt. Le best seller de l’un des pontes des libéraux de l’école autrichienne. Il m’a été recommandé par le stimulant Charles Gave (voir post précédent), très accessible par e-mail.


Et si plus de libéralisme était la solution de la crise ?

A force de chercher des explications à la crise, j’ai fini par tomber sur les arguments d’un libéral qui voit l’origine de la crise dans le reniement des préceptes… libéraux. Encore un ultra qui veut tondre ce qu’il reste à tondre avant l’Apocalypse ! Eh bien pas vraiment, tant Charles Gave a oublié d’être bête (voir son blog).

Selon lui, l’euro, et l’Europe, règle aujourd’hui la facture d’un péché originel, celui d’avoir renié au marché le pouvoir de déterminer le prix de l’argent. Car l’argent à deux prix (moi-même encore hier je ne le savais pas) : celui à l’intérieur (le taux d’intérêt) et celui à l’extérieur de son territoire (le taux de change). Or, l’euro et la BCE les ont figé tous deux.

So what, me direz-vous ? Charles, vite, éclaire notre lanterne ! Attention (roulement de tambour) : « Nul ne peut maintenir un taux de change fixe entre deux pays si la productivité du travail n’est pas la même entre les deux, sauf à organiser des transferts fiscaux du plus fort au plus faible. » Bon sang mais c’est bien sûr !
Petit flashback. Avant l’euro, la productivité allemande est supérieure à celle de l’Italie. Mais cette tare était alors compensée par la Lire, une monnaie bon marché comparée au Mark. Avec l’euro, du jour au lendemain, le capital se paye au même prix partout en Europe. « Même coût du capital, coût du travail plus élevé en Italie, que voulez-vous qu’il arriva ? Tous les investissements ont eu lieu en Allemagne, aucun en Italie. »

Il s’ensuit tout ce que nous constatons aujourd’hui : des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne ou la France qui sont condamnés à importer plus qu’ils ne produisent. D’où un déficit commercial structurel insoluble avec l’euro tel qu’il est aujourd’hui. La crise de l’Europe n’est pas financière, mais politique.

Notre système ne pourrait survivre que si l’Allemagne, et les autres pays riches, redistribuaient des milliards d’euros chaque année aux plus pauvres pour compenser ce désavantage compétitif. Charles Gave n’est pas le seul à le dire. Patrick Artus, dont la langue est plus polissée, rappelait récemment à une amie journaliste que c’est grâce à un système de compensation similaire entre états riches et pauvres que les Etats-Unis continuent d’être un pays uni.

Question : qui croît que l’Allemagne est prête à distribuer des milliards sans contrepartie ?


Les quotas de la FFF, un scoop marketing

Je sais Ousama est mort, et cela appelle beaucoup de commentaires. Mais j’aimerais revenir sur l’affaire des quotas de l’équipe de France. Je pense qu’elle est surtout instructive en ce qui concerne Mediapart, et plus largement le rôle du « scoop » dans les médias. Vous allez voir.

Comme chacun le sait, il y a eu une discussion à la FFF, des gens y ont évoqué des histoires de quotas dont il ne faudrait pas dire le non quand il s’agirait de sélectionner des joueurs binationaux. Discussion de comptoir ou prise de décision à effet immédiat ? On n’en sait rien, d’ailleurs tout le monde s’en fiche. Surtout Mediapart. Car dans cette histoire, il est question de foot et de racisme. Quel scoop pourrait être plus universel (Yannick Noah est entré dans la danse, c’est dire…) ? Edwy Plenel savait que, quelque soit la valeur de ces propos, ils rencontreraient un écho colossal. Mais il pensait surtout à ses abonnements.

"Je publie mes scoops les yeux fermés !"

Je n’aime pas beaucoup Plenel, le journaliste (relisez la Face cachée du Monde). En revanche, je suis admiratif de son flair, de son bagou. Or, Monsieur Plenel a un journal qui ne fonctionne que sur abonnement. Il a donc besoin d’alimenter le désir qu’il suscite auprès de ses lecteurs pour justifier qu’ils dépensent X euros par mois (5 ou 10 je ne sais plus) pour ses infos, quand le net regorge d’infos gratuites. Sa solution, il l’a trouvé avec l’affaire Bettencourt, quand il a habilement exploité des fuites judiciaires (point d’enquête au début), ses abonnement ont paraît-il explosé. A coup de « scoop », Plenel bâti donc progressivement, à lui et à Mediapart, une réputation d’incorruptible, de Grand Inquisiteur des Puissants, si précieuse dans la France de la défiance.

A mon sens, Plenel est le seul homme de presse qui a compris la puissance marketing du scoop. Oui, cela peut coûter cher en enquête, mais cela peut rapporter gros en image de marque. Dans un marché (celui de l’information) où la concurrence est acharnée (tout le monde a les mêmes infos quasiment au même instant), on ne peut se différencier, se valoriser qu’en endossant un style, un look, une attitude, qui va pousser le lecteur à s’identifier à mon titre. C’est très similaire à ce que l’on peut constater sur le marché du prêt-à-porter. C’est aussi pour cela qu’Edwy Plenel n’est pas pressé de nous dire s’il s’agissait d’une discussion de comptoir on non…


Comme un lundi

Petit tout d’horizon à l’issu de ce long week-end. Les blogs et les sites d’infos se remettent à bouger.

"Je n'ai rien fait d'illégal." Ha ha ! On riait déjà comme des fous quand Gaymard disait ça.

– Notre ministre de l’économie Christine Lagarde a investi plus de 2 millions d’euros dans une petite entreprise, Applicatour. D’après la Tribune, son PDG Stanislas Drouin n’est autre que le fils de François Drouin, PDG de la banque publique Oséo, qui a prêté de l’argent à Applicatour, nommé sur proposition de Christine Lagarde. La confusion des genres en politique n’est plus un accident, mais bien une fin en soi.


– Le blog de Paul Jorion nous apprend que la Financial Times a publie un édito appelant à « une action concertée supranationale » pour mettre fin à la spéculation sur les matières premières. Ces marchés sont très sensibles aux brusques mouvements de capitaux tant ils sont petits, en comparaison des marchés d’actions, et peu liquides. Cet article n’est qu’une confirmation. Cela ne changera rien mais on pourra dire qu’ils savaient.

"On se cache aussi bien dans l'ombre la plus noire que dans la clarté la plus brillante" Proverbe made in China

– Le blog Ecointerview nous dit que la Chine serait bien plus riche que les stats officielles ne le disent. La démonstration est complexe et elle m’a échappé dans l’ensemble repose sur des arguments bien connus et qu’il fallait rappeler . Alors les Chinois sont-ils riches comme moi ou pauvre comme Job ? Ca n’a pas l’air évident. Ce que je comprends très bien en revanche c’est ce sentiment que j’ai eu lors de ma première visite là-bas. Il s’agit en fait d’un continent plutôt que d’un pays. Une fois cela en tête, on voit que la skyline de Pudong, à Shanghai, a autant d’épaisseur qu’une carte postale. La moitié de ses immeubles de bureaux seraient vides selon des amis journalistes sur place. Plus loin des yeux occidentaux, à l’intérieur de ces terres dont l’étendue échappe à l’analyse des économistes de salon, il y a des villes fantômes comme à Ordos. Dans ce contexte, quel crédit peut on accorder à l’appareil statistique d’un pays totalitaire ? Qui peut prétendre connaître la réalité des chiffres de l’économie chinoise ?


Lecture hallucinante sur le site du Monde à propos des mémos concernant les prisonniers français de Guantanamo. En plus des incarcérations basées sur du vent, voire non motivées, on découvre désormais un système carcéral abjecte. Ainsi Nizar Sassi avait une « attitude générale (…) non conciliante et légèrement agressive ». Bigre ! Il aurait été « impliqué dans des cas de harcèlement des gardiens, des refus d’obtempérer à leurs instructions » et se serait permis de « discuter avec des prisonniers dans d’autres cellules » ! Un autre a eu le toupet de faire de l’exercice physique,  un troisième d’apprendre l’anglais à ses codétenus, un quatrième de prier. Si on juge le degré de civilisation d’une société à la manière dont elle traite ces prisonniers, que penser des Etats-Unis ?


Megadisco à Guantanamo


Le tsunami en 5 vidéos

Comme des objets ou des corps qui remontent à la surface après avoir été happé par le raz-de-marée, les vidéos qui montrent la dévastation du tsunami viennent à nous petit à petit. Cette dernière, trouvée sur le blog de Paul Jorion, est sans doute la plus impressionnante. Cette manière qu’a la mer d’envahir les rues de la ville, de grossir à gros bouillon, emportant comme des bouchons de liège voitures, bateaux et maisons, puis de devenir noire comme le mal, on croit voir toute la méchanceté du monde déferler pour faire rendre gorge à l’humanité.

Voici une sélection des vidéos les plus frappantes connues à ce jour. Aux dernières nouvelles, le séisme et le tsunami du 11 mars ont fait 11 828 morts, 15 540 personnes restant portées disparues, selon le dernier bilan provisoire.